ChLB Vignes - ©A.Denoix ©ChLB 2013+

Le Commercial

La commercialisation des vins

En 1963, la famille Margnat opère à travers deux entreprises principales aux objectifs Bahamontès en plein effort 'commercial ... pour MARGNAT/Palomadistincts : Margnat SA pour le négoce et la SVF (Société des Vins de France, 1965) pour la mise en bouteilles et la commercialisation. Jacques Margnat, au sein de la SVF disposait d’un outil commercial performant à travers la France et pas mal d’autres pays. Il pouvait convenir à toute la gamme des vins dont les vins fins au travers d’une filiale appelée DVF ( Domaines et Vins Fins).

Les trois ou quatre premières années de la reconstruction de Château La Borie donnèrent lieu à un vin qui n’avait pas grand chose à voir avec le vin que nous connaissons aujourd’hui. La branche commerce a néanmoins acheté les vins dès l’origine aux prix haut des mercuriales pour faire vivre le domaine.
Rapidement Emile Bories obtint des résultats tangibles au niveau qualitatif. Ils furent tels que l’on peut dire que jamais la commercialisation ne fût un quelconque problème.

Il se trouva en effet qu’en 1968 Margnat SA et la Société des Vins de France absorbèrent une très belle affaire parisienne, Geveor, qui commercialisait 400 000 hectolitres par an dont une bonne vingtaine de milliers d’hectolitres d’appellations contrôlées vendus en CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants). C’était une véritable aubaine pour le Château La Borie.

Emile Bories fut donc envoyé par Jacques Margnat pour présenter son vin à l’ancien propriétaire de cette affaire parisienne qui tenait à rester pour assurer le passage d’une direction à l’autre. On l’appelait le Père Pompanon, c’était son nom. Il était accompagné de Guy Favier, HEC, ( jeune et néanmoins compagnon de route de Jacques Margnat ), qui avait très rapidement gagné ses galons. Bamako, Dakar, et Jean Stouff, en Bretagne, avaient pourvu à son éducation.
La négociation entre le père Pompanon et Emile Bories avait très mal commencée.

Emile se croyait en terrain conquis, ses cousins étant à la manœuvre. Ce qui ne plût pas du tout à son interlocuteur. Il s’était en plus permis de fumer dans son bureau et même aux abords du laboratoire, crime impardonnable et jamais pardonné.

C’est le jeune Favier qui sauva Emile Bories et le Château La Borie par ricochet. La Borie fit donc longtemps le bonheur des restaurants et bistrots parisiens populaires.
En 1973 les Margnat se séparèrent de la branche des vins de consommation courante (vins de table), mais donc aussi de la filiale en charge des vins fins.

L’histoire se répétant souvent, le « jeune » Favier avait eu le temps de former un autre « jeune », Jean-Claude Bourrellis.
Jean-Claude Bourrellis, à la tête de Chauvenet, affaire de distribution de vins fins à Nuit Saint Georges en Bourgogne, reprît à son compte la commercialisation des vins de Château La Borie. Le Château La Borie doit à Chauvenet sa diffusion massive chez le consommateur final. Et on doit à Emile Bories et à la qualité de ses vins le phénomène extraordinaire qui fait que près de dix ans après la fin de toute commercialisation en France, il n’est pas de semaine que le domaine ne reçoive un courrier d’un ancien consommateur cherchant à se ré-approvisionner.

C’est par respect envers ces clients et amis que Jérôme et Eric Margnat, fils de Jacques Margnat, ont redémarré, en 1998, la mise en bouteilles au domaine, à partir de vins rigoureusement sélectionnés pour leur capacité à évoluer favorablement dans les caves des consommateurs.

Et à ce jour (2013) château La Borie commercialise ses vins auprès d’une grande famille composée de plus de 10 000 consommateurs et amis, quelques centaines de restaurants et cavistes, le tout dans une vingtaine de pays ou continents.