| L'
Algérie ... 1962
Pas étonnant qu'Emile
Bories fut élu Maire d 'Aïn-Tellout : petit village
entre Tlemcen et Sidi-Bel-Abbès, Emile apporte son aide et
ses connaissances de la langue arabe et des algériens à
l'armée. Sa présence permanente sur le domaine décourage
les conflits dans sa circonscription où il jouit en plus
d'une estime incomparable, tant auprès de ses ouvriers que
de la population.
Puis en 1959, la situation se détériorant en Algérie,
c'est d'Aïn-Tellout qu'Emile part en campagne mandaté par
son père et ses cousins Margnat.
Emile vend la propriété de Sainte Marie (en Algérie) pour
essayer de les réinvestir en Corse. Après neuf mois
d'études et de trop nombreuses déceptions, Emile connaît
la Corse mieux qu'un Corse ne la connaîtra jamais... mais
il est contraint d'abandonner ce projet et s’en revient à
Mostaganem.
Alors Emile commet la seule erreur professionnelle de sa vie
il rachète avec l'argent de Sainte Marie, une propriété
à Tassin (à 6 km d'Aïn-Tellout !!!).
S’ensuivent les terribles événements auxquels Emile ne
survit que par ce qu’il a toujours aimé ce pays et ses
habitants, et qu’il a toujours fait le ‘bien ‘, pas la
charité même s’il était généreux, non le ‘bien’,
ce qui était juste et utile, et de la meilleure façon qu’il
soit, de la belle ouvrage ! Et il était respecté pour
cela.
1962, les algériens ont obtenu leur indépendance et
recherchent frénétiquement les armes encore en possession
des européens. Emile reçoit l'ordre de remettre ses armes
aux autorités. Gérard et Michel Medina sur place, se font
beaucoup de soucis, car le bruit court que les
propriétaires retardataires seront tués avec leurs propres
armes. Emile obtient, enfin un permis de circuler et se met
en route, seul pour Aïn-Tellout. Un barrage à
Sidi-Bel-Abbès lui paraît un peu louche. On l'oblige à
quitter la route principale et à emprunter un chemin qui
l'éloigne de la ville. Plus loin, on le force à s'arrêter
, pour signer un acte de vente de sa voiture … à ce
moment, il est sûr d'avoir été enlevé par des
clandestins … et il se rappelle que la semaine passée, un
colon a été égorgé sur cette même route. Il signe sans
hésiter l’abandon de sa voiture espérant ainsi sauver sa
vie... mais dans le rétroviseur il aperçoit l'homme qui
est derrière lui et qui sort de sa djellaba un revolver
avec la fort probable intention de le tuer. Alors il joue le
tout pour le tout, et avec son arabe imparfait mais couleur
locale, il explique à cet homme "qu'il va tuer un
homme juste qui, toute sa vie a été un bon patron "…
son interlocuteur lui réplique que sa mère était elle
aussi une femme juste et que les Français l'ont tuée …
Alors Emile lui dit "si tu es sûr que ta mère va
revenir pour t'approuver... tu peux me tuer aussi … et l’homme
de lui répondre " Tu es un homme
courageux !, nous allons te raccompagner chez toi, mais
nous gardons ta voiture parce que nous avons un français à
aller chercher à Bou Anifia, nous reviendrons te chercher
demain !"... et, le lendemain, malgré les
craintes de ses ouvriers et après avoir rendu les armes
Emile prenait le chemin de Mostaganem ... avec ses
ravisseurs de la veille... sans plus d’ennui.
Quelques jours après Emile pense à organiser le
rapatriement de toute sa famille. Il fera de nombreux
déplacements en France.
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