| Émile
Bories en Algérie (2)
A la fin de la guerre et de
retour en Algérie, Emile exerce son premier métier de
courtier et de commerçant en vin, en relations très
étroites avec ses cousins de la famille Margnat à
Marseille.
La suite du parcours d’ Emile est riche en activités.
Président des docks à vin de Mostaganem, poste qu' il
occupera pendant ses dernières années en Algérie,
succédant à son père qui en était le "Président
FONDATEUR" en Octobre1950. A partir de ces docks il
pouvait charger un bateau de 300.000 hectolitres en quelques
heures au moyen d’un pipeline.
Après la mort prématurée de son frère Raymond, Emile
accepte de le remplacer à la direction d'Aïn-Tellout et il
porta la production de 6.000 hectolitres en 1953 à 9.600
hectolitres en 1959. Cette remarquable augmentation de
production a été rendue possible par la mise en culture de
75 Hectares supplémentaires sur 5 ans.
Ces 75 hectares il lui faudra les épierrer. Il fait alors
venir des territoires du Sud, des nomades qu'il installe
avec toutes leurs familles sur un terrain vague: 40 hommes,
autant de femmes et une quarantaine de bourricots. Il
dispose les hommes tout au long du sillon fraîchement
ouvert, à 3 m de distance les uns des autres, les femmes
attendant en bout de sillon. A chaque passage de la charrue
les hommes ramassent les pierres qu'ils chargent dans les
"chouaras" de leurs ânes ; un coup sur la
croupe de l'âne et celui-ci part rejoindre sa maîtresse
qui le déchargera de ses pierres pour en former un mur, un
autre coup sur la croupe et l'âne revient vers son maître
pour renouveler l'opération et ceci pendant 2 mois.
Bientôt s'élèvera un mur qui atteindra 3 m de base, sur 4
m de hauteur. Emile l'appellera "la muraille de
Chine".
Deux ans plus tard , apprenant qu’une entreprise de
construction recherche des pierres. Emile leur propose sa
"muraille de Chine". OK, disent les entrepreneurs
mais... il faudrait trier les pierres, le tuf d'un côté,
et le silex de l'autre.
Une fois ces pierres vendues... la "muraille"
écroulée, que faire du reste ?
Emile ne désarme pas. Il intéresse une entreprise de
réfection des routes, mais celle-ci a aussi ses
exigences... elle ne prendra que la pierre concassée !
…
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